Médecins avec combinaisons de protection

Projet Résilience Soignants

COHÉRENCE INTERNE

Les six niveaux logiques de la conscience

 

Objectivés par Robert Dilts, un des pères fondateurs de la Programmation Neuro-Linguistique moderne, les niveaux logiques de conscience sont une structure organisationnelle de notre psyché, dans laquelle les différentes niveaux sont interconnectés tout en ayant une hiérarchisation :

 

- nous évoluons dans un environnement en constante évolution, qui ne dépend pas de nous. Nous n'avons aucun contrôle sur le monde extérieur (le monde à l'extérieur de notre propre corps), mais une influence.

 

- nous interagissons avec l'environnement via nos comportements (ce que l'on fait avec nos structures mobiles, nos mains, nos pieds, ce que l'on dit, et comment nous nous tenons : notre posture, attitude...). C'est la partie émergée de l'iceberg, ce qui est visible de nous depuis l'extérieur. On pourrait comparer cela aux Softwares sur notre téléphone : les applications qui apparaissent sur notre écran et avec lesquelles nous pouvons interagir directement.

 

- nos comportements sont basés sur des compétences et capacités, sur notre habileté à réussir telle ou telle action. Elles conditionnent les stratégies que l'on peut mettre en œuvre pour la réussite d'une action, quelle qu'elle soit. Être capable de se concentrer, d'analyser une situation, d'établir un diagnostic sont autant de capacités. Ces dernières sont bien entendu dépendantes de nos apprentissages et améliorables. Elles dépendent également de la perception que l'on a de nos capacités (niveau supérieur).

 

- notre relation à l'environnement, nos comportements et nos capacités sont sous-tendues par nos croyances internes, c'est à dire les représentations subjectives que nous nous faisons de tous les éléments et situations externes et internes et que nous tenons pour vrai (souvent sans vérification préalable). Elles définissent nos interactions avec les autres, avec le monde, et avec nous même. Elles peuvent nous propulser en avant ou nous freiner fortement dans l'atteinte de nos objectifs. Il est important de signaler qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises croyances, simplement des croyances qui vont vous activer ou vous limiter en fonction des contextes. La croyance qu'il faudrait être stupide pour sauter d'un pont peut vous sauver la vie dans la majorité des cas, mais peut également vous bloquer si vous rêvez de devenir sauveteur et qu'un des tests consiste à sauter d'un pont pour aller chercher une victime (même harnaché).

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- Au centre de notre existence ce situe notre identité. Elle préfigure le socle à partir duquel s'organise toutes les autres notions que nous avons vu. C'est le sentiment de cohérence interne, de stabilité. Il n'existe pas de force plus grande pour un individu que celle le poussant à rester consistent avec celui qu'il se définit être. C'est le principe d'homéostasie d'un système appliqué à la psychologie humaine. Bien sûr, les personnes veulent évoluer, mais sans que cela modifie leur core intérieur, leur identité profonde. Elle définit également en partie l'estime que nous avons de nous-même, puisqu'elle fait le lien entre celui que nous percevons être, et l'idéal que nous souhaiterions incarner. L'identité est également en lien avec la ou les missions de vie que l'on pense avoir à remplir. D'où l'importance de définir correctement celui que nous sommes. D'autant que nous faisons souvent l'amalgame entre nos identités "de surface" (médecin, infirmier, rugbyman, mari, joueur d'échecs...) et notre identité profonde (aimant les autres, en phase avec la nature, en quête permanente d'enrichissements...). Il est tout à fait possible d'avoir une mission de vie (contribuer à élever le bien-être global par exemple), cohérent avec son identité profonde (j'apporte une aide aux personnes que je croise) alors que son identité de surface se modifie (je quitte mon travail d'infirmière pour devenir professeur d'art).


- au sommet de la pyramide, la spiritualité, aussi appelée "sens" ou "vision" ou "contribution", correspond à la relation que l'on perçoit entre nous-même et un tout plus vaste, notre appartenance à un système plus complexe : notre pays, l'humanité, la vie, l'univers ... Qu'elle soit empreinte de religion ou pas, la spiritualité va conditionner le regard que l'on porte sur notre situation, nos évolutions, nos interactions, nos objectifs, nos ressources ... C'est le siège de toutes nos grandes interrogations métaphysiques.

On comprend ainsi que, pour changer un élément à un niveau donné, il est nécessaire de regarder et de modifier les éléments dans les niveaux au dessus et en dessous. L'exemple le plus simple étant le fait de fumer. Fumer en tant que tel est un comportement, mais son origine et surtout son installation durable dépendent de croyances qui sont attribuées à la cigarette, au fait de fumer et à l'anticipation de ce que serait la vie sans fumer, et possiblement à une attribution identitaire ("je suis un(e) fumeur (fumeuse)"). On ne peut se libérer de son addiction qu'en travaillant à tous les niveaux, et non pas simplement en se débarrassant du comportement, puisque celui-ci, encore une fois, n'est que la partie émergée de l'iceberg.

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MES VALEURS FONDAMENTALES

Cette technique fait suite à la page précédente du site, "Mes Valeurs Fondamentales". Je vous encourage à vous y rendre si vous ne l'avez pas encore visitée : MES VALEURS FONDAMENTALES

 

La prochaine étape de cette technique est de faire ressurgir plusieurs scènes de votre vie professionnelle chargées en positivité, validant vos valeurs internes. Voici l'audio vous permettant de réaliser cet exercice. N'hésitez pas, à n'importe quel moment, de mettre l'audio sur pause pour vivre pleinement l'expérience.

Valeurs fondamentales 01Fabien RAMON
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Prenez un instant pour revenir totalement ici et maintenant, et comparez les valeurs que vous aviez initialement choisies avec celle que vous avez visualisées. Sont-elles les mêmes ? Ou avez vous eu une ou plusieurs révélations ? Notez tout cela sur vos feuilles d'exercice et n'hésitez pas à y revenir régulièrement lorsque vous avez besoin de recharger vos batteries.

 

Pour finir, je vous propose de projeter ce que vous avez découvert et de vous construire un futur virtuel, afin d'observer en quoi le fait d'être plus conscient de ses valeurs et de leur hiérarchie, et d'y être plus connecté, modifie vos comportements, vos attitudes et votre interaction avec vos collègues et vos patients. En quoi l'utilisation de votre "organe de valeurs" vous permet de vous ressourcer, de vous dépasser lors de situations de crise. C'est ce que nous appelons en Programmation Neuro-Linguistique un "pont vers le futur" :

Valeurs fondamentales 02Fabien RAMON
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MOTIVATION

 

Si l'on prend la définition du Larousse, la motivation constitue les "raisons, intérêts et éléments qui poussent quelqu'un dans son action. Ils expliquent et justifient une action quelconque."

 

D'autant pensent qu'il est nécessaire pour entreprendre une action, d'avoir une motivation certaine quant à la réalisation de cette action. Ceci constitue un piège classique limitant l'action, puisque cette dernière nécessite d'être exécutée pour que la motivation s'accroisse. En effet, deux types d'opposition entre en jeu dans les conflits entre motivation et action :

 

- objectif à long terme Vs plaisir immédiat : notre système de récompense cérébral réoriente en permanence notre attention vers des éléments qui peuvent nous procurer un certain plaisir immédiat, ou nous éloigne de composants qui sont associés à un déplaisir. Ainsi, même si une action est inscrite dans la concrétisation d'un objectif à long terme (retrouver son poids de forme par exemple), il est possible que notre système attentionnel soit plus réorienté vers le canapé et Netflix (plaisir immédiat) que vers les chaussures de sport et la course à pied (associés à un déplaisir). Ici, il est intéressant, comme nous le verrons plus loin avec l'exercice de projection mentale, de proposer à notre système cérébral un mode d'évaluation alternatif où les éléments vécus comme déplaisants sont en fait associés à un certain plaisir.

 

- objectif de résultat Vs objectif de performance : ce distinguo est essentiel car il est une des bases de l'efficacité dans l'action. Un objectif de résultat est un résultat clair et quantifiable que l'on souhaite obtenir à l'issu d'une action. Il est anxiogène par nature car il dépend de nombreux facteurs qui ne sont pas forcément tous sous notre influence. Avoir réussi l'intubation d'un enfant de 12 ans qui fait une crise d'asthme aiguë grave peut être considéré comme un objectif de résultat. L'objectif de performance correspond à la corrélation dans l'action entre le ressenti anticipé et le ressenti réel. Il peut largement être potentialisé par une projection mentale. Le fait de bien sentir le laryngoscope dans sa main, d'exercer la traction correcte, et de faire un mouvement fluide et maitrisé de la sonde d'intubation sont autant d'objectifs de performance.

 

Il est essentiel, pendant l'action, de se libérer de l'objectif de résultat qui n'a aucun intérêt pratique et qui peut vous faire sortir du bon mode de concentration, et de se focaliser sur un objectif de performance, potentialisé par une prévisualisation. Plus vos objectifs de performance seront prédéfinis et cohérents avec l'action, dans quelque domaine que ce soit, et plus votre motivation à la réalisation de l'action augmentera, puisque vous ne serez plus en buté contre la peur anticipatrice d'un éventuel échec. Or, le risque d'échec est réellement augmenté par de mauvaises dispositions cognitives dus à une mauvaise concentration, liée à un focus sur un objectif de résultat non obtenu. Vous n'agirez plus uniquement lorsque vous serez motivé, au contraire votre motivation augmentera du fait de vos actions.

Le concept d'attente d'être motivé pour agir s'appelle d'ailleurs "le piège de la motivation", puisque cette dernière se construit justement sur les actions que l'on mène.

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L'exercice ici est simple : nous allons explorer les deux différentes composantes lors de la visualisation d'une action : objectif de résultat et objectif de performance.

ESTIME DE SOI

 

L'estime de soi est un concept aussi délicat à aborder en consultation qu'à définir pour soi-même. En effet, de nombreux amalgames sont effectués autour d'une définition qui, par elle même, est très difficile à proposer.

 

Je m'appuie ici sur les observations réalisées par Christophe André et François Lelord, psychiatre et psychothérapeute, et qui avance l'idée que l'Estime de Soi s'appuie sur trois piliers que sont l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi.

- l'amour de soi est le socle de l'estime de soi. Il dépend en grande partie des interactions extérieures (recevoir des signes d'affections du monde extérieur, et être capable de se donner ses propres signes d'affection et de reconnaissance)

- la vision de soi, qui est une image fictive que l'on porte sur soi-même, indépendante de la réalité. C'est une vision subjective qui est fortement influencée par nos croyances limitantes et nos perceptions capacitaires. Elle correspond également à la vision de notre idéal, et au "gap" entre l'état perçu comme présent et cet idéal

- la confiance en soi, qui est la mise en action de l'estime de soi. Elle se nourrit des deux premiers niveaux pour évoluer, et permet en contrepartie un feedback sur ces derniers. Elle dépend des actions que l'on accomplit et qui font raisonner notre cohérence interne.

 

a) Mes Raisons d'Être

 

D'où l'intérêt profond de savoir ce qui nous fait vibrer, et surtout d'être capable d'aller chercher de la satisfaction et de la reconnaissance (même personnelle), dans plusieurs secteurs différents, plutôt que dans un seul domaine. Pour cela, l'étude de ses raisons d'être et de ses piliers de vie peut être un exercice central dans l'organisation de son temps et de ses objectifs, en lien avec ses missions de vie et ses valeurs. L'avantage d'avoir plusieurs piliers de vie bien stables, et dont nous avons pleinement conscience, est de "désacraliser" un pilier qui prendrait trop d'importance et dont le moindre vacillement remettrait à chaque instant en cause tous nos modes de fonctionnement. Avoir plusieurs raisons d'être stables et pour lesquelles nous avons une forte autonomie nous permet de consacrer notre énergie à plusieurs projets qui nous portent, et éviter de procrastiner dans un présent qui serait trop éloigné de nos objectifs vitaux.

 

C'est l'exercice que je vous propose ici, de prendre contact avec vos raisons d'être, de les définir et de les évaluer pour tirer des pistes d'amélioration des domaines dans lesquels vous êtes prêts à vous investir avec plus d'énergie.

Ceci fait, il ne vous reste plus qu'à définir une liste d'habitudes de développement personnel à mettre en place pour atteindre vos objectifs à court et long terme. Pour cela, prenez le temps de réfléchir à quelques habitudes très simples qui vont vous permettre, si vous les pratiquez régulièrement, de grandir et d'atteindre vos objectifs. Ceci doit concerner, pour la majorité des activités que vous allez lister, de petites actions temporellement courtes afin de pouvoir les réaliser facilement tous les jours, même si vous choisissez, lors de leur réalisation, de les agrandir lors de la séance. Par exemple, vous pourriez mettre "lire 5 pages d'un livre par jour", même si dans la majorité des cas, vous lirez plus de cinq pages. De même, vous pouvez lister "marcher 2000 pas par jour" en sachant que vous dépasserez probablement la jauge régulièrement.

Encore une fois, le but ici est de pouvoir proposer à votre cerveau des actions facilement réalisables lors des moments de creux, avant de lancer Netflix de façon automatique le soir en rentrant ou de lézarder sur le canapé de façon passive. Cela ne veut pas dire que vous ne pourrez plus le faire, mais vous choisirez de d'abord remplir une partie (voire si possible la totalité) de votre liste d'habitudes avant de vous reposer.

A la fin du mois, vous pourrez calculer votre pourcentage d'engagement, afin de savoir, pour chaque activité puis pour le total, à combien vous vous êtes impliqué dans votre développement personnel. Il n'y a pas de bons scores, tant que vous n'êtes pas à zéro. Plus vous vous rapprocherez de 100%, et plus vous serez en harmonie avec vos objectifs à long terme. Mais ne vous flagellez pas, si vous êtes à 30%, c'est très bien ! S'il y a des jours où les événements vous ont conduit à ne pas effectuer vos habitudes, ce n'est pas grave ! Tout est forcément positif dans cet exercice, puisque dans tous les cas, vous êtes gagnants !

b) Mon Meilleur Moi

 

Le deuxième exercice que nous allons aborder ici concerne la vision de soi, et en particulier notre vision de celui ou celle que nous souhaiterions être. Voyez vous, de très nombreuses personnes ont une sensation franche qu'ils ne correspondent pas à leur idéal, dans leurs comportements, leurs interactions, leur attitude et posture, leur énergie et leur musculature, mais n'ont qu'une très vague idée de ce qu'ils veulent atteindre dans ces différents domaines. Le manque d'objectif et de contact avec celui ci concourt à la procrastination et la sensation de frustration, parfois de vide intérieur. C'est comme rentrer dans notre GPS en voiture "quitter Paris".

 

Afin de savoir sur quoi travailler et définir un plan d'action, encore faut-il prendre conscience de celui que l'on souhaite incarner. C'est l'objectif de ce deuxième exercice de ce module, qui consiste à vous prévisualiser en action dans votre travail, comme si vous correspondiez exactement à celui que vous souhaitez être : comment vous vous comportez, comment vous interagissez avec vos collègues et vos patients, votre attitude, votre posture, votre carrure, peut être même votre style vestimentaire et votre coupe de cheveux !

c) Se libérer des distorsions cognitives

 

Cet exercice est plutôt une prise en compte consciente de nos biais inconscients, qui participent à la structuration de nos expériences sans que nous en ayons pleinement (voire pas du tout) conscience. Un biais ou une distorsion cognitive est une déviation systématique et automatique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Ces distorsions sont souvent l'apanage de modes de fonctionnement antérieurs, que nous avons souvent acquis par contagion (tout comme bon nombre de nos croyances limitantes). Vous trouverez ci dessous une liste des distorsions les plus courantes. Prenez simplement le temps d'étudier chacune d'entre elles et de percevoir dans quelle mesure elles affectent vos modes de fonctionnement (que ce soit dans votre vie professionnelle mais aussi personnelle).

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