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COACHING QUEBEC

Semaine 2 :

Intelligence Émotionnelle

Nous allons aborder sur cette page un point crucial de la performance mentale et de l'optimisation des performances, à savoir la capacité à comprendre nos émotions, les manager efficacement et les intégrer dans le processus dynamique de l'action. Tout cela forme ce que Salovey et Mayer (Imagination, Cognition & Personality) ont nommé en 1997 l'intelligence émotionnelle : "l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres". Il s'agit donc de savoir comment accéder à ses émotions, en comprenant quelles situations entrainent quels sentiments et émotions, de savoir transposer ces ressentis en compréhension (pourquoi est-ce que cette situation spécifiquement me met en colère/tristesse...?), puis savoir canaliser l'énergie propre à chaque émotion soit pour la rediriger, soit pour savoir switcher le processus émotionnel vers un autre plus cohérent avec l'action en cours.

Cette semaine nous allons appréhender deux exercices particulièrement intéressant :

- le premier est générique, il correspond à la création d'une Image de Bien-Être (avec le temps, vous pourrez effectuer de multiples IBE différentes spécifiques à certaines situations) entrainant un processus émotionnel choisi spécifique pour vous ressourcer.

- le second aborde plus spécifiquement le concept d'intelligence émotionnelle, avec une première compréhension des émotions de base.

Nous reprenons ici la définition de Christophe Andre pour définir les émotions comme des contenus mentaux, conscients et inconscients, mêlant états du corps, sentiments et pensées automatiques, et qui vont influencer la plupart de nos attitudes. Ce ne sont pas seulement des assemblages indépendants, mais plutôt des constructions originales et inédites, qui comportent néanmoins des caractéristiques de bases récurrentes, ce qui nous permet de les reconnaitre, pour peu que l'on ait un peu d'entrainement mental. Chaque émotion possède en effet certains déclencheurs, sont liées à des sensations particulières et font références à un besoin interne, satisfait ou non. En fait, chacune de ces composantes sont uniques pour chacun, et nous devons tous nous attacher à découvrir ce qui se cache dernière chacune de nos émotions. Néanmoins, certains dénominateurs communs sont accessibles, et voici par exemple un schéma représentant les données des émotions principales dans une population variée :

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L'autre élément important à prendre en compte avec nos émotions correspond à l'intensité de ces dernières. S'il est essentiel de savoir quel type d'émotion nous sommes en train de traverser, il est tout aussi important de connaitre le niveau d'activation de cette émotion. Si je suis en colère, il existe une véritable différence entre être irrité, exaspéré, fâché, haineux ... Comme le disait Aristote :

 

"Il est à la portée du premier venu de se mettre en colère. Mais de se mettre en colère au bon moment, contre la bonne personne, à la bonne intensité et pour le bon motif, cela nécessite une véritable intelligence, que seuls quelques personnes possèdent".

Apprenez à définir l'intensité de vos émotions, par exemple en utilisant une échelle. Si je suis en colère, à quel niveau ? Si je devais côter de 1 à 10 mon niveau d'énervement, ce serait à combien ? Pourquoi est-ce important ? Un exemple concret : je reçois un jour en consultation une personne, qu'on nommera Jon, qui avait des problèmes d'excès de colères. Lui demandant un exemple récent, il m'a cité ceci : "c'était au bureau. Mon collègue, dans la même pièce que moi, a jeté une boulette de papier dans la poubelle mais l'a raté, elle est tombé à côté. Ca m'a enragé, je ne supporte pas le désordre". Lorsque je lui ai demandé si "enragé" (côté à 9/10 sur l'échelle de la colère selon lui) était le bon terme, il m'a répondu que non, on n'était plutot sur un petit énervement à 2/10. Le problème, c'est que votre cerveau ne fait pas la différence si vous n'utilisez pas de termes concrets et de références précises. Il est essentiel de savoir de quoi l'on parle en termes d'émotions, afin de ne pas se sur ou sous-activer inutilement. Apprenez à mettre des termes sur vos émotions, puis sur leurs niveaux d'activation :

L'émotion étant une réaction neuro-chimique, leur survenue n'est pas contrôlable et obligatoire (hormis certaines pathologies ou post-traumatismes). Le but n'est pas tant de « stopper » nos émotions ou de les refouler, mais plutôt de les accepter pour ce qu'elles sont, des éléments indispensables de notre fonctionnement qui agissent comme des signaux dont il faut savoir tenir compte. Tout ceci dans le but de comprendre nos besoins primordiaux, et ainsi de savoir comment les combler.


La création d'un état émotionnel au sein de notre corps et de notre esprit va fortement influencer nos performances dans l'action. C'est en cela que la bonne compréhension de ce qu'est une émotion est essentielle et que les techniques de modulation (relaxation, respiration, dynamisation) sont aussi importantes. Puisque l'émotion s'inscrit dans le registre corporel, les techniques qui nous permettent d'y accéder en font également parti, au moins en partie. C'est pourquoi la respiration et la relaxation sont aussi présentes dans les protocoles de développement personnels, elles préfigurent une parfaite porte d'entrée à l'introspection et la prise de contact avec notre système limbique (émotionnel).

Cet état émotionnel va conditionner la façon dont nous allons nous comporter face à une situation. Si nous laissons l'état émotionnel nous submerger, il est probable que nous réagissions à l'événement en perdant en partie le contrôle conscient. Si nous arrivons sur les lieux d'un multiples victimes et que l'on se laisse sidérer par la stupeur (surprise), nous pouvons être amené à basculer en mode automatique, avec par exemple des comportements de type effet tunnel, massage cardiaque d'un ACR sans prise en compte des autres victimes ... Si par contre nous prenons en compte notre état émotionnel immédiatement et que nous mettons en place une technique de modulation (respiration...), il nous est alors possible de répondre (et non plus réagir) à la situation et donc de garder une lucidité et une performance plus importante.

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Image de Bien-Être
Image de bien etreFabien RAMON
00:00 / 12:28

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Cette technique (aussi appelée image de bien-être) est un des outils phares de la préparation mentale, en cela qu'il va vous offrir un ancrage de ressource rapide, permettant à terme de vous apaiser quasi immédiatement, sans bouger (ou presque pas). Il correspond à la mentalisation d'une situation évoquant un bien-être profond, ressenti de façon intense, et facilement rappelable pour la rendre accessible en permanence, dès que vous en aurez besoin. Ceci vous permettra d'effectuer un « switch » de processus émotionnel lorsque vous le définirez, passant d'un processus délétère pour l'action en cours (il n'y a pas de processus émotionnel délétère en tant que tel, ceci étant toujours lié au contexte et à la cohérence ou non avec nos objectifs) vers une accalmie permettant de reprendre le contrôle de son fonctionnement cognitif. En effet, un état émotionnel comme la colère (voire la rage) ou l'apathie, peuvent créer des interférences avec les comportements nécessaires, voire engendrer de façon autonome tout un panel de comportements, attitudes et postures qui seront néfastes pour la réussite de vos objectifs. L'image de ressource peut alors vous servir de « reset » avant de recalibrer votre mode de fonctionnement vers plus de cohérence.

Marble Surface
Les émotions de Base
Respiration globaleFabien RAMON
00:00 / 05:10

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