FORMATION FOSTER & LITTLE

TECHNIQUES

LA FORMATION POWER-S

Les techniques que vous allez découvrir ici sont issues d'un cursus de formation mis au point suite à la convergence entre la modélisation d'expertise des opérationnels des forces spéciales (médicaux et non-médicaux) et les données actualisées des différents courants de préparation mentale et de psychologie positive existants. Il est ainsi possible que vous puissiez faire le parallèle entre certaines techniques décrites ici et des outils que vous aurez déjà appris dans d'autres formations. Pour avoir moi-même suivi de nombreux cursus de formation dans différents domaines, on se rend rapidement compte que, même si les noms et détails changent, les bases des outils restent souvent les mêmes et s'appuient sur quelques fondamentaux que sont la respiration, la relaxation/dynamisation énergétique, physiologique et musculaire, et l'utilisation de la visualisation mentale. C'est ainsi que la méthode POWER-S s'est définit et affinée ainsi :

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POWERS est une stratégie qui trouve sa source dans plusieurs approches :
 

- La psychologie positive, où il est question de rétablir un équilibre dans nos filtres perceptuels vers plus de positivité. En effet, nous avons une tendance naturelle en tant qu'être humain à filtrer les éléments potentiellement délétères pour notre organisme ou notre fonctionnement, afin de nous en prémunir. À l’extrême, nous développons une expectation négative appelé catastrophisation, qui consiste à attendre systématiquement le pire de ce qui pourrait se produire, ce qui, d'un point de vue émotionnel, concourt à une augmentation franche de la production d'hormones reliées au système sympathique. Nous filtrons en permanence la réalité en attardant naturellement notre attention sur les points litigieux ou problématiques, qu'ils nous concernent ou pas. En regardant les infos, les inondations dans un autre pays que le notre capteront beaucoup plus notre attention et vont créer un impact émotionnel beaucoup plus fort que le beau temps dans notre propre région. Ce concept se diffuse dans toute notre vie, et c'est pourquoi la volonté première de la psychologie positive est de recréer une balance, en réorientant notre attention vers les éléments satisfaisants de notre vie. Nous réapprenons à nous satisfaire des éléments vécus comme positifs, et à les prendre en compte (étant généralement mis de côté par notre système attentionnel les jugeant comme non intéressant). Le sourire de notre enfant, ou d'un patient, la joie de réussir un acte anodin de notre vie professionnelle reprennent de la place et recréent des émotions positives qui seront cette fois captés par notre système attentionnel, au début volontairement puis au fur et à mesure de manière inconsciente.

 

- La Programmation Neuro-Linguistique, qui étudie l'excellence des comportements au travers de l'expertise des personnes, en se basant sur la modélisation. Modéliser, c'est tirer de l'expérience de personnes compétentes l'essence de ce qui les fait exceller, puis d'en créer une stratégie destinée à potentialiser l'apprentissage d'autres personnes. À ce titre, j'ai modélisé de nombreuses personnes pour comprendre comment ils gèrent une situation difficile : des médecins et infirmiers opérationnels du Service de Santé, mais également du monde civil, des tireurs d'élite des Forces Spéciales … Grace à cela, j'ai pu objectivé une stratégie fondée sur plusieurs éléments qui ont été retrouvé dans la plupart des modélisations, et c'est ainsi qu'est née POWERS.

 

- L'Approche Orientée Solution, qui est un type de coaching ayant pour volonté de sortir le coaché de son espace problème pour l'amener à considérer une situation potentielle où la solution est déjà présente, afin d'objectiver les ressources et actions qu'il a besoin de mettre en place afin d'y arriver. La responsabilisation et la « dévictimisation » sont au cœur de cette approche, puisque la personne est invitée à prendre toute la responsabilité de ses décisions, de ses choix, et à en assumer les conséquences.

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- L'hypnose médicale d'orientation ericksonienne, type particulier d'hypnose fondée sur la volonté de laisser libre cours au sujet de travailler sur ses problématiques avec les outils dont ils disposent et ses ressources internes, après une définition claire d'un objectif cohérent pour lui, en créant une situation favorable (la transe hypnotique) à la mise en place d'un changement. Le but étant de se libérer un temps soit peu des contraintes imposées par les croyances limitantes de la personne, croyances fondées sur des événements filtrés sans remise en question ultérieure.

 

Comme toute stratégie de développement personnel, mon approche se base sur un certain nombre de présupposés fondamentaux :

- La carte n'est pas le territoire : notre vision du monde n'est pas le monde en tant que tel. Les informations inscrites dans nos systèmes cognitifs ne sont qu'une petite partie, évaluée et interprétée, de la réalité du monde. Ceci est vrai pour chaque personne, chaque être vivant de cette planète, ce qui définit une infinité de cartes qui sont toutes différentes les unes aux autres, malgré certaines similitudes. Ce présupposé est essentiel dans le cadre du développement personnel, car cela place chaque personne comme experte de son propre monde, seule à pouvoir définir les ressources dont elle dispose et les actions possibles pour elle. Le coach se place ainsi comme co-expext, expert des outils et techniques qui permettent de faire fructifier ses ressources et trouver les outils les plus affutés pour progresser vers ses objectifs.


- Personne n'est "cassé" de l'intérieur : on part du principe en accompagnement (hors pathologie psychiatrique et/ou problématique anatomique nécessitant un avis spécialisé) que les personnes ont les ressources internes nécessaires à la réussite de leur objectif, souvent bloquées par de nombreuses croyances limitantes qui parasitent le passage à l'action et/ou plombent l'estime de soi.


- Nous ne sommes pas nos comportements : il est nécessaire de dissocier les comportements de nos valeurs profondes et, d'autant plus, de notre identité. Nous ne sommes pas "colériques" ou "tristes". Nous adoptons dans certaines circonstances des comportements en lien avec des processus émotionnels dynamiques tel que la colère ou la tristesse. Cette compréhension est nécessaire pour pouvoir mettre en place des contre-mesures cohérentes avec nos comportements non voulus, sans avoir l'arrière pensée (la croyance limitante) que nous ne pouvons pas changer car "j'ai toujours été comme ça".


- Le corps et l'esprit sont des processus systémiques interconnectés et interdépendants : notre corps et notre cerveau sont forcément interconnectés. Ne pas entretenir l'un va forcément amoindrir les performances de l'autre, et il est ainsi idyllique de penser que l'on peut améliorer ses processus cognitifs sans travailler sur son énergie corporelle. De même, les sportifs de haut niveau savent pertinemment qu'il est essentiel d'avoir un fonctionnement cognitif important avant d'améliorer ses résultats.

Nous allons suivre un plan de cours basé sur les notions de développement personnel du projet POWERS, en débutant par la physiologie, puisque cette dernière est la voie d'accès privilégiée vers les états internes, est préfigure une partie cruciale du développement et de la modification des processus émotionnels.

 

PHYSIOLOGIE

 

a) Respiration globale

 

Avant de mettre en place un travail de respiration spécifique, il est intéressant de d'abord noter la façon dont nous respirons de façon courante. Ce petit exercice simple va simplement vous permettre de vous ouvrir à la façon dont vous utilisez votre système respiratoire, puis de découvrir ou de redécouvrir l'utilisation de toutes les parties de vos poumons.

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Respiration globaleFabien RAMON
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b) 3 - 4 - 8

 

Lorsque nous sommes dans une situation stressante, nous privilégions un mode de ventilation destiné à accroitre notre mode de fonctionnement sympathique, justement par l'activation de ce dernier, entretenant ainsi une sorte de cercle vicieux d'auto-activation. Cet exercice est destiné à vous offrir une petite période d'accalmie et de balance, en favorisant le recrutement de votre système parasympathique, par l'augmentation de la phase non inspiratoire. En effet, l'inspiration est activatrice du système sympathique, quand la phase expiratoire est en faveur de la libération de sérotonine, ocytocine et dopamine. Le fait d'y associer une visualisation positive telle qu'une image agréable et/ou une musique ou son apaisante va potentialiser la technique.

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3 04 08Fabien RAMON
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c) Respiration de contre-anxiété

 

Cette technique très prisée dans le monde du sport permet de se libérer des tensions internes, par l'association d'une expulsion respiratoire dynamique et d'une visualisation mentale abstraite. Pour rappel, notre système émotionnel limbique fonctionne préférentiellement par images et par abstraction, ce pourquoi nous sommes beaucoup plus sensible aux métaphores qu'aux histoires logiques et rationnelles platoniques.

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Respiration expulsionFabien RAMON
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L'INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

Comme nous l'avons vu précédemment, nous reprenons ici la définition de Christophe Andre pour définir les émotions comme des contenus mentaux, conscients et inconscients, mêlant états du corps, sentiments et pensées automatiques, et qui vont influencer la plupart de nos attitudes. Ce ne sont pas seulement des assemblages indépendants, mais plutôt des constructions originales et inédites, qui comportent néanmoins des caractéristiques de bases récurrentes, ce qui nous permet de les reconnaitre, pour peu que l'on ait un peu d'entrainement mental. Chaque émotion possède en effet certains déclencheurs, sont liées à des sensations particulières et font références à un besoin interne, satisfait ou non. En fait, chacune de ces composantes sont uniques pour chacun, et nous devons tous nous attacher à découvrir ce qui se cache dernière chacune de nos émotions. Néanmoins, certains dénominateurs communs sont accessibles, et voici par exemple un schéma représentant les données des émotions principales dans une population variée :

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L'autre élément important à prendre en compte avec nos émotions correspond à l'intensité de ces dernières. S'il est essentiel de savoir quel type d'émotion nous sommes en train de traverser, il est tout aussi important de connaitre le niveau d'activation de cette émotion. Si je suis en colère, il existe une véritable différence entre être irrité, exaspéré, fâché, haineux ... Comme le disait Aristote :

 

"Il est à la portée du premier venu de se mettre en colère. Mais de se mettre en colère au bon moment, contre la bonne personne, à la bonne intensité et pour le bon motif, cela nécessite une véritable intelligence, que seuls quelques personnes possèdent".

Apprenez à définir l'intensité de vos émotions, par exemple en utilisant une échelle. Si je suis en colère, à quel niveau ? Si je devais côter de 1 à 10 mon niveau d'énervement, ce serait à combien ? Pourquoi est-ce important ? Un exemple concret : je reçois un jour en consultation une personne, qu'on nommera Jon, qui avait des problèmes d'excès de colères. Lui demandant un exemple récent, il m'a cité ceci : "c'était au bureau. Mon collègue, dans la même pièce que moi, a jeté une boulette de papier dans la poubelle mais l'a raté, elle est tombé à côté. Ca m'a enragé, je ne supporte pas le désordre". Lorsque je lui ai demandé si "enragé" (côté à 9/10 sur l'échelle de la colère selon lui) était le bon terme, il m'a répondu que non, on n'était plutot sur un petit énervement à 2/10. Le problème, c'est que votre cerveau ne fait pas la différence si vous n'utilisez pas de termes concrets et de références précises. Il est essentiel de savoir de quoi l'on parle en termes d'émotions, afin de ne pas se sur ou sous-activer inutilement. Apprenez à mettre des termes sur vos émotions, puis sur leurs niveaux d'activation :

L'émotion étant une réaction neuro-chimique, leur survenue n'est pas contrôlable et obligatoire (hormis certaines pathologies ou post-traumatismes). Le but n'est pas tant de « stopper » nos émotions ou de les refouler, mais plutôt de les accepter pour ce qu'elles sont, des éléments indispensables de notre fonctionnement qui agissent comme des signaux dont il faut savoir tenir compte. Tout ceci dans le but de comprendre nos besoins primordiaux, et ainsi de savoir comment les combler.


La création d'un état émotionnel au sein de notre corps et de notre esprit va fortement influencer nos performances dans l'action. C'est en cela que la bonne compréhension de ce qu'est une émotion est essentielle et que les techniques de modulation (relaxation, respiration, dynamisation) sont aussi importantes. Puisque l'émotion s'inscrit dans le registre corporel, les techniques qui nous permettent d'y accéder en font également parti, au moins en partie. C'est pourquoi la respiration et la relaxation sont aussi présentes dans les protocoles de développement personnels, elles préfigurent une parfaite porte d'entrée à l'introspection et la prise de contact avec notre système limbique (émotionnel).

Cet état émotionnel va conditionner la façon dont nous allons nous comporter face à une situation. Si nous laissons l'état émotionnel nous submerger, il est probable que nous réagissions à l'événement en perdant en partie le contrôle conscient. Si nous arrivons sur les lieux d'un multiples victimes et que l'on se laisse sidérer par la stupeur (surprise), nous pouvons être amené à basculer en mode automatique, avec par exemple des comportements de type effet tunnel, massage cardiaque d'un ACR sans prise en compte des autres victimes ... Si par contre nous prenons en compte notre état émotionnel immédiatement et que nous mettons en place une technique de modulation (respiration...), il nous est alors possible de répondre (et non plus réagir) à la situation et donc de garder une lucidité et une performance plus importante.

a) Prendre contact avec le stress

Nous cherchons ici à définir nos marqueurs émotionnels liés à un certain processus en cours. À chaque instant, notre corps (et notre esprit) est soumis à différents processus se regroupant en « entités émotionnelles dynamiques », qui peuvent se renforcer ou se dissoudre en quelques instants. Chacun de ces processus comporte des critères sensoriels bien spécifiques, définissant des marqueurs qui nous permettent, avec l'expérience, de les repérer dès les phases précoces d'apparition. Ainsi, nous devenons plus sensibles à nos processus, et de ce fait moins contraints de réagir à leur mode de fonctionnement, puisque nous pouvons nous soustraire à cette sensation « d'obligation réactionnelle » (je suis en colère et je me laisse envahir) et décider d'un meilleur mode de fonctionnement, plus cohérent avec nos véritables objectifs (je sens la colère monter, je m'apaise en premier lieu et j'agis de manière plus raisonnée).

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Prendre contact stressFabien RAMON
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b) L'image de ressource

 

Cette technique (aussi appelée image de bien-être) est un des outils phares de la préparation mentale, en cela qu'il va vous offrir un ancrage de ressource rapide, permettant à terme de vous apaiser quasi immédiatement, sans bouger (ou presque pas). Il correspond à la mentalisation d'une situation évoquant un bien-être profond, ressenti de façon intense, et facilement rappelable pour la rendre accessible en permanence, dès que vous en aurez besoin. Ceci vous permettra d'effectuer un « switch » de processus émotionnel lorsque vous le définirez, passant d'un processus délétère pour l'action en cours (il n'y a pas de processus émotionnel délétère en tant que tel, ceci étant toujours lié au contexte et à la cohérence ou non avec nos objectifs) vers une accalmie permettant de reprendre le contrôle de son fonctionnement cognitif. En effet, un état émotionnel comme la colère (voire la rage) ou l'apathie, peuvent créer des interférences avec les comportements nécessaires, voire engendrer de façon autonome tout un panel de comportements, attitudes et postures qui seront néfastes pour la réussite de vos objectifs. L'image de ressource peut alors vous servir de « reset » avant de recalibrer votre mode de fonctionnement vers plus de cohérence.

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Image de bien etreFabien RAMON
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COHÉRENCE INTERNE

 

Les six niveaux logiques de la conscience

 

Objectivés par Robert Dilts, un des pères fondateurs de la Programmation Neuro-Linguistique moderne, les niveaux logiques de conscience sont une structure organisationnelle de notre psyché, dans laquelle les différentes niveaux sont interconnectés tout en ayant une hiérarchisation :

 

- nous évoluons dans un environnement en constante évolution, qui ne dépend pas de nous. Nous n'avons aucun contrôle sur le monde extérieur (le monde à l'extérieur de notre propre corps), mais une influence.

 

- nous interagissons avec l'environnement via nos comportements (ce que l'on fait avec nos structures mobiles, nos mains, nos pieds, ce que l'on dit, et comment nous nous tenons : notre posture, attitude...). C'est la partie émergée de l'iceberg, ce qui est visible de nous depuis l'extérieur. On pourrait comparer cela aux Softwares sur notre téléphone : les applications qui apparaissent sur notre écran et avec lesquelles nous pouvons interagir directement.

 

- nos comportements sont basés sur des compétences et capacités, sur notre habileté à réussir telle ou telle action. Elles conditionnent les stratégies que l'on peut mettre en œuvre pour la réussite d'une action, quelle qu'elle soit. Être capable de se concentrer, d'analyser une situation, d'établir un diagnostic sont autant de capacités. Ces dernières sont bien entendu dépendantes de nos apprentissages et améliorables. Elles dépendent également de la perception que l'on a de nos capacités (niveau supérieur).

 

- notre relation à l'environnement, nos comportements et nos capacités sont sous-tendues par nos croyances internes, c'est à dire les représentations subjectives que nous nous faisons de tous les éléments et situations externes et internes et que nous tenons pour vrai (souvent sans vérification préalable). Elles définissent nos interactions avec les autres, avec le monde, et avec nous même. Elles peuvent nous propulser en avant ou nous freiner fortement dans l'atteinte de nos objectifs. Il est important de signaler qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises croyances, simplement des croyances qui vont vous activer ou vous limiter en fonction des contextes. La croyance qu'il faudrait être stupide pour sauter d'un pont peut vous sauver la vie dans la majorité des cas, mais peut également vous bloquer si vous rêvez de devenir sauveteur et qu'un des tests consiste à sauter d'un pont pour aller chercher une victime (même harnaché).

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- Au centre de notre existence ce situe notre identité. Elle préfigure le socle à partir duquel s'organise toutes les autres notions que nous avons vu. C'est le sentiment de cohérence interne, de stabilité. Il n'existe pas de force plus grande pour un individu que celle le poussant à rester consistent avec celui qu'il se définit être. C'est le principe d'homéostasie d'un système appliqué à la psychologie humaine. Bien sûr, les personnes veulent évoluer, mais sans que cela modifie leur core intérieur, leur identité profonde. Elle définit également en partie l'estime que nous avons de nous-même, puisqu'elle fait le lien entre celui que nous percevons être, et l'idéal que nous souhaiterions incarner. L'identité est également en lien avec la ou les missions de vie que l'on pense avoir à remplir. D'où l'importance de définir correctement celui que nous sommes. D'autant que nous faisons souvent l'amalgame entre nos identités "de surface" (médecin, infirmier, rugbyman, mari, joueur d'échecs...) et notre identité profonde (aimant les autres, en phase avec la nature, en quête permanente d'enrichissements...). Il est tout à fait possible d'avoir une mission de vie (contribuer à élever le bien-être global par exemple), cohérent avec son identité profonde (j'apporte une aide aux personnes que je croise) alors que son identité de surface se modifie (je quitte mon travail d'infirmière pour devenir professeur d'art).


- au sommet de la pyramide, la spiritualité, aussi appelée "sens" ou "vision" ou "contribution", correspond à la relation que l'on perçoit entre nous-même et un tout plus vaste, notre appartenance à un système plus complexe : notre pays, l'humanité, la vie, l'univers ... Qu'elle soit empreinte de religion ou pas, la spiritualité va conditionner le regard que l'on porte sur notre situation, nos évolutions, nos interactions, nos objectifs, nos ressources ... C'est le siège de toutes nos grandes interrogations métaphysiques.

On comprend ainsi que, pour changer un élément à un niveau donné, il est nécessaire de regarder et de modifier les éléments dans les niveaux au dessus et en dessous. L'exemple le plus simple étant le fait de fumer. Fumer en tant que tel est un comportement, mais son origine et surtout son installation durable dépendent de croyances qui sont attribuées à la cigarette, au fait de fumer et à l'anticipation de ce que serait la vie sans fumer, et possiblement à une attribution identitaire ("je suis un(e) fumeur (fumeuse)"). On ne peut se libérer de son addiction qu'en travaillant à tous les niveaux, et non pas simplement en se débarrassant du comportement, puisque celui-ci, encore une fois, n'est que la partie émergée de l'iceberg.

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L'exercice proposé ici est simplement de prendre contact avec tous les niveaux logiques dans le cadre de votre profession médicale, afin de s'assurer de l'alignement de ces derniers, et/ou d'être capable de définir des ajustements qui permettront une amélioration de votre fonctionnement global. En effet, l'alignement des niveaux logiques est une perception qui est souvent corrélée avec un haut niveau d'efficacité, car toutes les fonctions cognitives de la personne sont en accord et orientées vers une mission globale bien définie et assumée. Pour cela, il suffit de visiter chaque espace de façon métaphorique, en prenant en compte à chaque fois les sensations perçues de cohérences et d'incohérences. Tout cela sans jugement, sans critique, simplement en s'ouvrant à ses perceptions. C'est d'ailleurs un des maître-mots du développement personnel, l'auto-bienveillance sans jugement, ce que les anglophones nomment "a kind non-judgmental approach".

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DÉFINIR MES VALEURS PROFONDES

Les valeurs sont les critères les plus importants de notre hiérarchie interne. Elles justifient nos comportements, nos choix, nos croyances profondes.

 

Quand nous ne sommes pas conscient de cette hiérarchie de valeurs, nous pouvons être soumis à de nombreux conflits internes, qui nous font ressentir une certaine anxiété souvent sans comprendre exactement pourquoi. Être conscient de ses valeurs, et connaitre leur hiérarchie au sein de notre système interne, est essentiel afin d'apprécier pleinement les activités dans lesquelles nous investissons notre énergie, au travail mais également dans tous nos autres domaines de vie.

 

Les valeurs sont, en termes de comportements comme de croyances, notre force principale de motivation, qui nous poussent vers la réalisation de nos objectifs, et surtout notre mise en action.

 

Nos valeurs déterminent ce que l'on pense de bien, de mal, ce qui vaut le coup, ce avec quoi nous sommes d'accord ou en désaccord. Ils nous permettent de construire une cohérence dans nos croyances,nos comportements, mais aussi notre identité. Elles déterminent notre attitude et nos interactions avec les autres : notre épouse, nos enfants, notre famille, nos collègues, la société, le monde, la vie, l'univers. Elles sont la réponse à la question : "qu'est-ce qui compte vraiment le plus pour moi ?". Elles sont le "pourquoi" de nos comportements, stratégies, missions de vie et objectifs.

 

Elles sont les fondations des principes moraux qui nous permettent de justifier nos actions. Généralement, nous agissons en nous laissant guider par ce que nous avons l'impression d'être bien ou bon, par un sentiment de "juste" (tout du moins, tant que nous ne sommes pas submergés par les émotions). "Important", "préférable", "bon", "essentiel" sont des mots qui se rapportent aux valeurs. En conclusion, ce sont nos valeurs qui nous guident.

 

Une valeur est un principe fondamental de vie, un mode opératoire, un automatisme de chaque instant qui est présent tout le temps, et dans tout ce que nous faisons. Elle s'exprime partout et dès qu'elle peut être stimulée.

 

Elle se reconnait dans les phrases de type : "j'ai besoin", "c'est important pour moi de", "c'est essentiel de", "c'est vital", "je ne peux pas vivre sans"... Si la réponse est matérielle, il est nécessaire d'aller chercher la valeur qui se cache derrière :

"Je ne peux pas vivre sans argent"

"Pourquoi l'argent est aussi important pour toi?"

"Avec l'argent, j'ai la liberté de voyager"

 

Quand vous faites quelque chose en accord avec votre système de valeur, vous ressentez une profonde sensation de paix, de joie, de gratitude ... car vous êtes connecté à ce qui est le plus important pour vous. Mais souvent, surtout dans un contexte de crise, nous avons tendance à oublier et nous éloigner de nos importants, de ce qui est vital pour nous. C'est pourquoi travailler sur nos valeurs, les comprendre, s'y reconnecter régulièrement et les rendre vivantes en les visualisant peut vous rendre beaucoup plus puissant lors des périodes de crise.

 

TECHNIQUE :

Premièrement, je vous propose de regarder la feuille d'exercice ci-jointe :

Regardez la liste ci dessous, et ressentez intérieurement quelles sont les valeurs les plus importantes pour vous, dans le cadre de votre travail. Vous pourrez refaire cet exercice pour vos autres domaines de vie, voire pour votre vie en général. Laissez votre intuition vous proposer ce qui est réellement important pour vous. Vous allez peut être sentir intérieurement une certaine résonance en regardant une valeur qui vous est essentielle. Il se peut même qu'une valeur raisonne à l'intérieur de vous alors que vous n'en n'aviez pas spécialement conscience. Essayez d'adopter un esprit de débutant ici, quelqu'un sans idées préconçues, vous permettant ainsi de laisser libre accès à vos découvertes et sensations. Rappelez vous que votre esprit conscient n'a pas toutes les réponses au sein de votre esprit. Laissez un peu d'espace pour de nouvelles perceptions et révélations.

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans votre vie professionnelle ? Qu'est ce qui vous poussent à agir sur votre lieu de travail ?

    Abondance
    Acceptation
    Accessibilité
    Accomplissement
    Adaptabilité
    Affection
    Agilité
    Aisance
    Altruisme
    Ambition
    Amitié
    Amour
    Amusement
    Appartenance
    Appréciation
    Apprentissage
    Ardeur
    Assurance
    Astuce
    Attraction
    Audace
    Avancement
    Aventure
    Béatitude
    Beauté
    Bénévolat
    Bienveillance
    Bonheur
    Bravoure
    Calme
    Capacité
    Certitude
    Chaleur
    Changement
    Charité
    Charme
    Chasteté
    Clarté
    Cœur
    Cohérence
    Communauté
    Compassion
    Compétence
    Compréhension
    Concentration
    Confiance
    Conformité
    Confort
    Congruence
    Connaissance
    Conscience
    Continuité
    Contribution
    Contrôle
    Conviction
    Convivialité
    Coopération
    Cordialité
    Courage
    Courtoisie
    Créativité
    Créativité
    Crédibilité
    Croissance
    Curiosité
    Découverte
    Démesure
    Dépassement de soi
    Désir
    Détente
    Détermination
    Devoir
    Dévotion
    Dextérité
    Dignité
    Direction
    Discipline
    Discrétion
    Disponibilité
    Diversité
    Divertissement
    Dominance
    Donner
    Douceur
    Dynamisme
    Éclat
    Économie
    Éducation
    Efficacité
    Élégance
    Empathie
    Encouragement
    Endurance
    Énergie
    Engagement
    Enjouement
    Enseignement
    Enthousiasme
    Entraînement
    Épargne
    Équilibre
    Espoir
    Éthique
    Être le meilleur
    Euphorie
    Exactitude
    Excellence

    Excitation
    Expérience
    Exploration
    Expressivité
    Extase
    Extravagance
    Extraversion
    Exubérance
    Facilité
    Faire une différence
    Famille
    Fascination
    Férocité
    Fiabilité
    Fidélité
    Fierté
    Finesse
    Flexibilité
    Focus
    Foi
    Force
    Force de persuasion
    Fraîcheur
    Franchise
    Frugalité
    Gaieté
    Galanterie
    Générosité
    Gentillesse
    Gloire
    Gratitude
    Habileté
    Harmonie
    Honnêteté
    Honneur
    Hospitalité
    Humilité
    Humour
    Hygiène
    Imagination
    Impact
    Impartialité
    Importance
    Indépendance
    Individualité
    Infiltration
    Ingéniosité
    Inspiration
    Intégrité
    Intellect
    Intelligence
    Intensité
    Intimité
    Intrépidité
    Introspection
    Introversion
    Intuition
    Intuitivité
    Investisseur
    Inviolabilité
    Joie
    Jouissance
    Justice
    L’autonomie
    Environnementalisme
    L’indépendance financière
    Leadership
    Légèreté
    Liberté
    Lien
    Logique
    Longévité
    Lucidité
    Maîtrise
    Maîtrise de soi
    Majesté
    Mariage
    Maturité
    Minutie
    Modestie
    Motivation
    Mystère
    Nature
    Nerf
    Obéissance
    Opportunité
    Optimisme
    Ordre
    Organisation
    Orientation
    Originalité
    Ouverture d’esprit
    Paix
    Partage
    Partenariat
    Participation
    Passion
    Patience
    Perfection
    Persévérance
    Persistance
    Perspicacité

    Philanthropie
    Piété
    Plaisir
    Ponctualité
    Popularité
    Pragmatisme
    Pratique
    Précision
    Présence
    Préservation
    Prévenance
    Pro activité
    Professionnalisme
    Profondeur
    Propreté
    Prospérité
    Proximité
    Prudence
    Puissance
    Pureté
    Raison
    Rationalité
    Rayonnement
    Réalisme
    Reconnaissance
    Réflexion
    Réputation
    Résistance
    Résolution
    Respect
    Respect de soi
    Responsabilité
    Rêver
    Richesse
    Rigueur
    Ruse
    Sacrifice
    Sagesse
    Santé
    Satisfaction
    Science
    Sécurité
    Sens
    Sensibilité
    Sensualité
    Sérénité
    Service
    Sexualité
    Sexy
    Silence
    Simplicité
    Sincérité
    Soin
    Soin méticuleux
    Solidarité
    Solidité
    Solitude
    Sophistication
    Soulagement
    Soutien
    Spiritualité
    Spontanéité
    Stabilité
    Statut
    Structure
    Succès
    Suprématie
    Surprise
    Sympathie
    Synergie
    Traditionalisme
    Tranquillité
    Travail d’équipe
    Unicité
    Unité
    Utilité
    Valeur
    Vérité
    Vertu
    Victoire
    Vigilance
    Vigueur
    Vision
    Vitalité
    Vitesse
    Vivacité

Notez sur la feuille d'exercice ou sur une feuille libre toutes les valeurs que vous avez choisi, et prenez un instant pour réfléchir : pourquoi ces valeurs sont aussi importantes pour vous ? Écrivez tout ce qui vous vient à l'esprit. Lachez vous. Vous pouvez rédiger des phrases complètes, ou simplement un ensemble de mot qui traversent votre esprit, sans nécessairement de liens logiques.

 

La seconde étape de cette technique est de faire ressurgir plusieurs scènes de votre vie professionnelle chargées en positivité, validant vos valeurs internes. Voici l'audio vous permettant de réaliser cet exercice. N'hésitez pas, à n'importe quel moment, de mettre l'audio sur pause pour vivre pleinement l'expérience.

Valeurs fondamentales 01Fabien RAMON
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Prenez un instant pour revenir totalement ici et maintenant, et comparez les valeurs que vous aviez initialement choisies avec celle que vous avez visualisées. Sont-elles les mêmes ? Ou avez vous eu une ou plusieurs révélations ? Notez tout cela sur vos feuilles d'exercice et n'hésitez pas à y revenir régulièrement lorsque vous avez besoin de recharger vos batteries.

 

Pour finir, je vous propose de projeter ce que vous avez découvert et de vous construire un futur virtuel, afin d'observer en quoi le fait d'être plus conscient de ses valeurs et de leur hiérarchie, et d'y être plus connecté, modifie vos comportements, vos attitudes et votre interaction avec vos collègues et vos patients. En quoi l'utilisation de votre "organe de valeurs" vous permet de vous ressourcer, de vous dépasser lors de situations de crise. C'est ce que nous appelons en Programmation Neuro-Linguistique un "pont vers le futur" :

Valeurs fondamentales 02Fabien RAMON
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MOTIVATION

 

Si l'on prend la définition du Larousse, la motivation constitue les "raisons, intérêts et éléments qui poussent quelqu'un dans son action. Ils expliquent et justifient une action quelconque."

 

D'autant pensent qu'il est nécessaire pour entreprendre une action, d'avoir une motivation certaine quant à la réalisation de cette action. Ceci constitue un piège classique limitant l'action, puisque cette dernière nécessite d'être exécutée pour que la motivation s'accroisse. En effet, deux types d'opposition entre en jeu dans les conflits entre motivation et action :

 

- objectif à long terme Vs plaisir immédiat : notre système de récompense cérébral réoriente en permanence notre attention vers des éléments qui peuvent nous procurer un certain plaisir immédiat, ou nous éloigne de composants qui sont associés à un déplaisir. Ainsi, même si une action est inscrite dans la concrétisation d'un objectif à long terme (retrouver son poids de forme par exemple), il est possible que notre système attentionnel soit plus réorienté vers le canapé et Netflix (plaisir immédiat) que vers les chaussures de sport et la course à pied (associés à un déplaisir). Ici, il est intéressant, comme nous le verrons plus loin avec l'exercice de projection mentale, de proposer à notre système cérébral un mode d'évaluation alternatif où les éléments vécus comme déplaisants sont en fait associés à un certain plaisir.

 

- objectif de résultat Vs objectif de performance : ce distinguo est essentiel car il est une des bases de l'efficacité dans l'action. Un objectif de résultat est un résultat clair et quantifiable que l'on souhaite obtenir à l'issu d'une action. Il est anxiogène par nature car il dépend de nombreux facteurs qui ne sont pas forcément tous sous notre influence. Avoir réussi l'intubation d'un enfant de 12 ans qui fait une crise d'asthme aiguë grave peut être considéré comme un objectif de résultat. L'objectif de performance correspond à la corrélation dans l'action entre le ressenti anticipé et le ressenti réel. Il peut largement être potentialisé par une projection mentale. Le fait de bien sentir le laryngoscope dans sa main, d'exercer la traction correcte, et de faire un mouvement fluide et maitrisé de la sonde d'intubation sont autant d'objectifs de performance.

 

Il est essentiel, pendant l'action, de se libérer de l'objectif de résultat qui n'a aucun intérêt pratique et qui peut vous faire sortir du bon mode de concentration, et de se focaliser sur un objectif de performance, potentialisé par une prévisualisation. Plus vos objectifs de performance seront prédéfinis et cohérents avec l'action, dans quelque domaine que ce soit, et plus votre motivation à la réalisation de l'action augmentera, puisque vous ne serez plus en buté contre la peur anticipatrice d'un éventuel échec. Or, le risque d'échec est réellement augmenté par de mauvaises dispositions cognitives dus à une mauvaise concentration, liée à un focus sur un objectif de résultat non obtenu. Vous n'agirez plus uniquement lorsque vous serez motivé, au contraire votre motivation augmentera du fait de vos actions.

Le concept d'attente d'être motivé pour agir s'appelle d'ailleurs "le piège de la motivation", puisque cette dernière se construit justement sur les actions que l'on mène.

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L'exercice ici est simple : nous allons explorer les deux différentes composantes lors de la visualisation d'une action : objectif de résultat et objectif de performance.

ESTIME DE SOI

 

L'estime de soi est un concept aussi délicat à aborder en consultation qu'à définir pour soi-même. En effet, de nombreux amalgames sont effectués autour d'une définition qui, par elle même, est très difficile à proposer.

 

Je m'appuie ici sur les observations réalisées par Christophe André et François Lelord, psychiatre et psychothérapeute, et qui avance l'idée que l'Estime de Soi s'appuie sur trois piliers que sont l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi.

- l'amour de soi est le socle de l'estime de soi. Il dépend en grande partie des interactions extérieures (recevoir des signes d'affections du monde extérieur, et être capable de se donner ses propres signes d'affection et de reconnaissance)

- la vision de soi, qui est une image fictive que l'on porte sur soi-même, indépendante de la réalité. C'est une vision subjective qui est fortement influencée par nos croyances limitantes et nos perceptions capacitaires. Elle correspond également à la vision de notre idéal, et au "gap" entre l'état perçu comme présent et cet idéal

- la confiance en soi, qui est la mise en action de l'estime de soi. Elle se nourrit des deux premiers niveaux pour évoluer, et permet en contrepartie un feedback sur ces derniers. Elle dépend des actions que l'on accomplit et qui font raisonner notre cohérence interne.

 

a) Mes Raisons d'Être

 

D'où l'intérêt profond de savoir ce qui nous fait vibrer, et surtout d'être capable d'aller chercher de la satisfaction et de la reconnaissance (même personnelle), dans plusieurs secteurs différents, plutôt que dans un seul domaine. Pour cela, l'étude de ses raisons d'être et de ses piliers de vie peut être un exercice central dans l'organisation de son temps et de ses objectifs, en lien avec ses missions de vie et ses valeurs. L'avantage d'avoir plusieurs piliers de vie bien stables, et dont nous avons pleinement conscience, est de "désacraliser" un pilier qui prendrait trop d'importance et dont le moindre vacillement remettrait à chaque instant en cause tous nos modes de fonctionnement. Avoir plusieurs raisons d'être stables et pour lesquelles nous avons une forte autonomie nous permet de consacrer notre énergie à plusieurs projets qui nous portent, et éviter de procrastiner dans un présent qui serait trop éloigné de nos objectifs vitaux.

 

C'est l'exercice que je vous propose ici, de prendre contact avec vos raisons d'être, de les définir et de les évaluer pour tirer des pistes d'amélioration des domaines dans lesquels vous êtes prêts à vous investir avec plus d'énergie.

b) Mon Meilleur Moi

 

Le deuxième exercice que nous allons aborder ici concerne la vision de soi, et en particulier notre vision de celui ou celle que nous souhaiterions être. Voyez vous, de très nombreuses personnes ont une sensation franche qu'ils ne correspondent pas à leur idéal, dans leurs comportements, leurs interactions, leur attitude et posture, leur énergie et leur musculature, mais n'ont qu'une très vague idée de ce qu'ils veulent atteindre dans ces différents domaines. Le manque d'objectif et de contact avec celui ci concourt à la procrastination et la sensation de frustration, parfois de vide intérieur. C'est comme rentrer dans notre GPS en voiture "quitter Paris".

 

Afin de savoir sur quoi travailler et définir un plan d'action, encore faut-il prendre conscience de celui que l'on souhaite incarner. C'est l'objectif de ce deuxième exercice de ce module, qui consiste à vous prévisualiser en action dans votre travail, comme si vous correspondiez exactement à celui que vous souhaitez être : comment vous vous comportez, comment vous interagissez avec vos collègues et vos patients, votre attitude, votre posture, votre carrure, peut être même votre style vestimentaire et votre coupe de cheveux !

c) Se libérer des distorsions cognitives

 

Cet exercice est plutôt une prise en compte consciente de nos biais inconscients, qui participent à la structuration de nos expériences sans que nous en ayons pleinement (voire pas du tout) conscience. Un biais ou une distorsion cognitive est une déviation systématique et automatique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Ces distorsions sont souvent l'apanage de modes de fonctionnement antérieurs, que nous avons souvent acquis par contagion (tout comme bon nombre de nos croyances limitantes). Vous trouverez ci dessous une liste des distorsions les plus courantes. Prenez simplement le temps d'étudier chacune d'entre elles et de percevoir dans quelle mesure elles affectent vos modes de fonctionnement (que ce soit dans votre vie professionnelle mais aussi personnelle).

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COMMUNICATION ET ESPRIT D’ÉQUIPE

 

Au cœur même du concept de performance, la communication est un des outils fondamentaux à maitriser afin d'améliorer la performance collective, mais également personnelle. En effet, la communication considère deux sous-ensembles dont le premier est souvent peu considéré :

- l'auto-communication : le fait de se communiquer à soi. Une partie non négligeable du développement personnel consiste à apprendre à mieux communiquer avec soi-même, c'est à dire gérer son dialogue interne, la qualité des questions que l'on se pose et l'orientation attentionnelle que provoquent ces questionnements. Le dialogue interne en tant que tel est un facteur essentiel de bonne résilience et d'efficacité. Lors d'un coup dur, il y aura une différence fondamentale entre un DI de type "ça va pas le faire, de toutes façons t'es nul" et "reste focus, concentre toi sur tel élément".

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- l'hétéro-communication : notre interaction avec les autres, qui se fait grâce non seulement à ce que l'on dit (le langage verbal), mais également à la façon dont on le dit (le langage para-verbal) et à nos comportements automatisés, postures, attitudes et micro-mouvements lors de nos interactions (langage non verbal). Dans le travail d'équipe, la communication inter-personnelle est un des fondements de l'efficacité, puisqu'elle est garante du flux d'informations précis et mesuré cohérent avec l'activité en cours, qui ne va pas surcharger les intervenants de façon délétère tout en assurant la bonne compréhension des processus en cours.

Une bonne communication débute par une bonne compréhension de l'autre. Les exercices de travail de communication d'équipe demandant du temps et une certaine interaction, nous ne l'envisagerons pas ici, et nous nous concentrerons plutôt sur deux exercices simples de compréhension de l'autre, nous permettant d'interagir de façon plus qualitative avec autrui.

a) Les deux façons de juger

J'apprécie particulièrement ce concept qui nous rappelle les différences que l'on emploi lorsque nous explorons les comportements des autres par rapport aux nôtres. En effet, nous avons typiquement deux façons de juger les comportements :

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Prenons un exemple simple :

- je suis au volant de ma voiture à l'entrée d'un rond point, une voiture a mis son clignotant à droite pour sortir avant d'arriver à mon niveau mais, au dernier moment, il éteint son clignotant et continue sa route. Je stoppe brutalement mon début de lancée et fais un geste au conducteur pour lui signaler mon mécontentement. Il me fait un geste en retour que j'interprète comme une insulte. Je peux même me dire quelque chose du genre "mais quel blaireau, encore un qui ne sait pas conduire" ...  J'ai jugé le comportement pur de l'autre automobiliste et lié son comportement à une évaluation et interprétation personnelle en fonction de mes filtres.

- je suis au volant de ma voiture. Je me rends au décès de mon meilleur ami, mort tragiquement dans un accident de la route. Je suis dans un rond point et mon GPS m'indique une sortie. Alors que j'ai déjà enclenché mon clignotant, le GPS se modifie et m'indique la sortie suivante. Alors que je suis déjà un peu perturbé aujourd'hui, j'enlève mon clignotant et continue dans le rond point, sans forcément modifier ma trajectoire. Je note une voiture qui attendais de rentrer et constate que le conducteur n'est pas forcément content de la situation. Je lui fais un signe pour m'excuser mais il semble ne pas en tenir compte. Ici, vous pouvez percevoir l'intention derrière le comportement initial.

 

Il est intéressant lorsque nous interagissons avec autrui, en particulier en cas de différent, de savoir prendre un temps soi peu le point de vue de l'autre personne, et c'est l'objectif de l'exercice que vous allez découvrir ci-dessous : les positions perceptuelles.

 

b) Les positions perceptuelles

 

Cet exercice très intéressant peut se faire au décours d'une situation de clash afin de relativiser, ou (avec un peu d'expérience), pendant cette dernière afin de permettre à la situation de se résoudre et d'atténuer le conflit. Il consiste à "prendre la place de l'autre" au sens adopter le modèle du monde de l'autre. Essayer l'espace d'un instant de comprendre la problématique du point de vue de l'autre, en adoptant autant que faire se peut ses croyances (aidantes et limitantes), ses convictions, ses modes de raisonnement ... En effet, la plupart du temps, lorsque nous interagissons avec autrui et d'autant plus si nous souhaitons lui apporter un conseil ou l'aider, nous cherchons des solutions dans notre propre modèle du monde, basé sur notre perception de la réalité, nos filtres cognitifs et nos croyances. Notre cerveau est un fantastique calculateur qui utilise des filtres afin de simplifier largement un univers beaucoup trop complexe pour lui. Il va créer pour cela des sous-programmes qui distordent nos perceptions afin de les faire concorder à nos croyances et modes de fonctionnement internes.

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Ainsi, si nous voulons interagir avec qui que ce soit de façon correcte, il est nécessaire de comprendre les enjeux qui existent dans les deux parties, au travers de modes de fonctionnement qui ne sont pas du tout les mêmes. Nous vivons tous dans une réalité différente, et il est justement essentiel de commencer par se détacher de la croyance que nous partageons tous une réalité commune. C'est le but de l'exercice suivant. 

L'ACTIVATION DES RESSOURCES

 

Nous abordons ici notre capacité, en tant qu'être humain évolué, à utiliser notre lobe préfrontal afin de pré-conceptualiser un futur possible dans lequel nous avons réussi l'action à venir, puis d'utiliser cette image ressentie sur le plan émotionnel afin de définir les étapes nécessaires pour y arriver. 

 

En effet, notre système interne possède un mode de fonctionnement similaire à celui d'il y a 200000 ans (voire beaucoup plus), c'est à dire une propension forte au survivalisme à court terme. Le but de notre système cérébral est avant tout de nous protéger et de nous permettre de survivre à notre environnement extérieur. En cela, il lui est nécessaire d'évaluer en permanence les dangers potentiels, afin de nous permettre une anticipation ou, le cas échéant, une réaction adaptée à la menace. C'est pourquoi, de façon innée, nous avons tendance à capter plus facilement les éléments à connotation négative de notre environnement. De même, lorsqu'un événement survient, nous pouvons facilement succomber à la catastrophisation cérébrale, cette faculté que nous avons d'entrevoir le pire du pire qui pourrait survenir. Bien entendue, en phase de stress et/ou de déprime, cette tendance à capter le négatif s'amplifie, et vient filtrer d'autant plus notre réalité qui peut devenir terne, d'autant que nous ne disposons souvent pas d'automatismes nous permettant de capter le positif. Pourtant, il apparait clairement que les événements de la vie en soi n'ont pas de connotation. Ils ne sont ni positifs, ni négatifs. Ils arrivent, et nous leur donnons un sens à travers les différents filtres perceptifs que nous avons vu plus haut. Le simple fait qu'il pleuve va être perçu négativement par l'homme d'affaire en costume qui court vers son bureau sans parapluie, et positivement par le fermier durant un épisode de sécheresse.

 

Être capable d'activer ses ressources, c'est avant tout être capable de "sortir" un temps soi peu du système de fonctionnement automatique cérébral, et d'accepter de voir du positif dans l'afflux de négativisme sociétal dont nous sommes continuellement bombardés. Nous n'aborderons pas ici toutes les techniques qui existent, mais s'il en est une que je vous conseille, et qui est d'une simplicité aussi déconcertante que son efficacité, c'est de tenir un journal sur lequel vous notez vos moments de satisfaction. Ces petits moments qui ont été vécus comme positif dans votre journée, même (et surtout) s'ils vous sont apparus anodins de prime abord.

 

Nous allons ici nous intéresser à un exercice puissant de visualisation mentale, que l'on appelle la Projection, c'est à dire utiliser nos capacités créatives pour entrevoir un futur possible dans lequel notre objectif a été atteint.

 

La Projection Mentale

 

Voici un des exercices phares de la préparation mentale et de l'optimisation des performances, connue et maitrisée par tous les grands sportifs de haut niveau. D'ailleurs, pour les anglophones (en particulier amateurs de golf), je vous laisse visualiser cette vidéo en avance de phase, où Jason Day, un des meilleurs joueurs mondiaux, explique sa routine de swing :

 

Vous avez pu entrevoir ici un des fondements de cette technique : je prévisualise la réussite d'une action, puis je visualise les étapes nécessaires pour y arriver, tout en ayant pré-calibré mes ressources vers la réussites. En effet, comme le souligne le Professeur Antonio Damasio :

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En sommes, prévisualiser la réussite d'une action nous permet de nous mettre dans les meilleures conditions physiologiques et émotionnelles, nous orientant ainsi vers la réussite réelle. L'inverse étant également vrai : prévisualiser l'échec d'une action diminue fortement nos chances de réussites, puisque nous créons dans notre esprit une prophétie liée à un état neuronal particulier, qui va définir tout un ensemble de comportements et de tensions délétères pour la réussite de l'action.

LA PERFORMANCE MENTALE EN ACTION

 

Dans ce dernier module, nous abordons notre capacité à améliorer notre performance mentale au cours de l'action elle-même, grâce à des outils qui nous permettent de définir notre concentration optimale, d'orienter nos processus attentionnels et de savoir quand commence l'action et quand elle se termine. Sans ces éléments, le risque est grand de sortir du bon mode de concentration et de s'orienter vers des modes inefficaces, délétères pour l'action en cours.

 

L'exercice que nous allons aborder ici est simple : définir une action possible ou probable en anticipation afin de connaitre les modalités de déclenchement et surtout de sortie de l'action, permettant d'une part d'y entrer en pleine efficacité, d'autre part d'en sortir au bon moment (et pas avant la fin), et en plus de pouvoir faire un break avec l'action, puisqu'on la sait terminée, afin d'entrer dans une phase d'acceptation des résultats et, si besoin, dans une nouvelle phase d'action.

Nous sommes arrivés à la fin de cette formation de base. Pratiquez et pratiquez encore afin que les outils proposés ici deviennent simples d'utilisation et immédiatement accessibles. Et n'hésitez pas à nous recontacter si vous avez des questions !

 

Bonne continuation

 

Fabien