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NOTIONS : Le Stress

LE CONCEPT DE STRESS

Dossier majeur de notre temps, le stress est au centre de nombre d'études et de travaux de recherches, quant à son influence sur la performance et sur l'état de santé des individus. Tout cela sans même savoir exactement de quoi on parle. En effet, demandez à dix personnes de vous définir le stress : il est probable que vous obteniez très peu de cohérence. C'est pourquoi je ne m'avancerai pas ici à définir le stress, mais plutôt à vous apporter certaines notions que vous pourrez explorer de votre côté.

Il est fréquent d'assigner le stress à un terme négatif. Pourtant, si l'on prend la définition initiale du stress comme l'a nommé Hans Selye, professeur de biochimique à l'université McGill et pionnier des recherches dans le domaine : "le stress est l'ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s'adapter à un événement donné". On parle ici de phénomènes adaptatifs, ce qui n'est ni négatif ni positif en soi, mais plutôt aidant ou limitant dans un contexte donné. Ces phénomènes adaptatifs, chez les animaux, dépendent de facteurs qui se situent dans le présent, tout du moins dans l'action en cours. Chez les êtres humains, ces facteurs peuvent être situés dans nos souvenirs (qui, nous le verrons plus tard, ne sont que des perceptions spéculatives filtrées) ou dans une des innombrables probabilités futures (qui, lorsqu'elle s'installe dans notre esprit, a tendance à se réaliser, surtout si elle est à connotation négative).

Quand on parle d'activation, on fait en parti référence au système nerveux autonome, et ses deux sous composantes : orthosympathique et parasympathique.

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Le système orthosympathique va activer notre physiologie, grâce à deux hormones principales, l'adrénaline et le cortisol. Le but étant de nous permettre de survivre aux sollicitations extérieures. Malheureusement (si l'on peut dire), ce système qui a très peu évolué en plusieurs centaines de milliers d'années, ne fait pas la différence entre une situation réelle et simulée, et c'est pourquoi nous "stressons" autant dans notre société actuelle, activant notre physiologie en permanence pour des situations qui n'existent pas encore ou plus.

Le système parasympathique quant à lui est destiné à nous reposer, à nous permettre de récupérer. Il utilise principalement un autre neurotransmetteur, l'acétylcholine. Un des enjeux de la préparation mentale et du développement personnel est d'apprendre à solliciter le système nerveux parasympathique afin de contrer l'hyper-activation orthosympathique, et ainsi de rétablir un minimum d'harmonie dans notre fonctionnement.

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Je pense sincèrement que tout est matière d'activation, au bon moment, pour les bonnes choses. Car il est tout aussi préjudiciable d'être sur-activé, que sous-activé. Il n'est pas normal de ne pas être un minimum "stressé" avant un grand événement. Par contre, il est essentiel de savoir à quel niveau de stress je dois être et quelles sont les limites hautes et basses que je m'accorde pour telle ou telle action. C'est pourquoi je parlerai fréquemment d'activation et de relaxation, et non de sur ou sous-activation.

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Tout est affaire de perception : perception des ressources que j'ai à ma disposition (ressources internes et externes, humaines, matérielles...), et également perception du challenge qui s'offre à moi (que ce challenge soit réel ou imaginaire). Je vais "stresser", c'est à dire passer en hyperstress, si j'ai l'impression que le challenge qui m'attend est bien plus gourmand en ressource que ce que je pense pouvoir assurer, surtout si ce challenge comprend un certain regard des autres. En effet, les challenges et défis que l'on se crée soi-même sont rarement source d'hyperstress, puisqu'ils ne sont pas soumis à l'approbation ni à la critique externe. C'est la différence essentielle entre les objectifs de résultats (dépendant de facteurs extérieurs non contrôlables, potentiellement anxiogènes) et les objectifs de maitrise (qui ne dépendent que de nous-même, relaxants et bénéfiques pour l'estime de soi).

Nous n'avons qu'un système d'activation/repos pour toutes les sollicitations qui s'offrent à nous, et, dans un monde numérique où nous sommes en permanence sur-saturés d'informations en tout genre, ce système doit en permanence s'adapter en fonction d'un seuil plus ou moins haut résultant des sollicitations pré-existantes. Rajoutez à cela une situation de crise humanitaire comme le Covid, générateur d'une contagion émotionnelle forte, et le seuil va rapidement être atteint, pour des situations qui d'ordinaires n'aurait pas été "stressantes".

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C'est pourquoi la cohérence interne, le développement de nos valeurs profondes, la définition de nos raisons d'être et de nos objectifs à long terme sont si importantes : se tourner vers son monde intérieur et le développer permet de rehausser le seuil de stress abaissé par les sollicitations externes. Cela diminue dans le même temps l'impact du regard des autres sur soi, car on améliore sa cohérence avec ses motivations profondes, développant ainsi nos motivateurs intrinsèques (qui s'affranchissent de la critique extérieure).

A l'inverse, plus le seuil s'abaisse, et plus le risque de passer en mode panique augmente lors d'actions de moins en moins "difficiles". La panique est une saturation totale de notre système cognitif, qui nous pousse généralement à adoper un mode de fonctionnement restreint, automatique, basé sur le concept de Fight, Flight or Freeze : je combats, je fuis ou je me paralyse. La compréhension de nos modes de fonctionnements interne et le développement personnel et émotionnel nous offre une quatrième option : Face, je réponds convenablement à l'événement. Lors d'une action, il est illusoire d'espérer un résultat positif en mode panique. Le simple fait de reconnaitre qu'on est en pleine panique est déjà un premier pas vers l'amélioration de nos capacités, en s'offrant la possibilité (en travaillant les outils de la performance mentale) de sortir du mode panique en réévaluant la hauteur du challenge et en réactivant nos ressources (souvent profondément désactivées lors d'une attaque de panique).

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Manager notre système émotionnel est une étape fondamentale du processus de gestion du stress, et c'est pourquoi je vous propose de découvrir les notions d'émotion dans le chapitre suivant.