Cours pour adulte à

FORMATION FOSTER & LITTLE

NOTIONS : Introduction

INTRODUCTION

Sur cette page, nous allons aborder quelques notions fondamentales en rapport avec le développement personnel et l'optimisation des performances, mais aussi (et surtout, puisque cela représente la base de la maitrise de soi) l'intelligence émotionnelle. Vous pourrez ainsi découvrir ou approfondir les notions que nous avons vu lors de la séance plénière.

Il faut bien avoir à l'esprit qu'en matière de développement personnel, la compréhension des techniques et du fonctionnement de ces dernières est moins importante que le vécu de la technique en tant que tel. Il est parfois difficile de comprendre cognitivement pourquoi telle ou telle technique de visualisation, de respiration ou de projection fonctionne, et pourtant c'est le cas. Ce qui est important à ce niveau, c'est la sensation de bien-être et d'efficacité que fournit un outil, et pas l'explication qui justifie le pourquoi. Un des sportifs que je suivais ne comprenais pas pourquoi la couleur rouge le relaxait (alors qu'elle est souvent associé à de la dynamisation, ce qui était le cas de tous les collègues avec qui on travaillait sur l'optimisation des performances). Il est probable qu'une explication soit ancrée profondément dans son inconscient, mais à partir du moment où l'on a défini que cela fonctionne, il n'y a pas forcément besoin de chercher plus loin. Quand il avait besoin de se détendre, il laissait venir du rouge, et ça le relaxait. D'où l'intérêt essentiel de noter ce qui caractérise chaque état, chaque processus physiologique et émotionnel, chaque composante des outils que vous utilisez, afin de créer un accès facile, et surtout, de ne plus douter de leur utilisation et de leur efficacité.

I) LES COMPOSANTS DE LA PERFORMANCE

Un des outils phares de la Programmation NeuroLinguistique s'appelle la modélisation. John Grinder et Richard Bandler, les fondateurs de la PNL, ont utilisé cet outil afin de modéliser l'expertise de praticiens reconnus de leur temps, en particulier Milton Erickson, hypnothérapeute de renom, et Virginia Satir, thérapeute familiale largement plébiscitée. Modéliser, c'est comprendre les processus cognitifs, émotionnels et inconscients qui sous-tendent les comportements d'exception, les résultats obtenus, chez des personnes qui excellent.

C'est pourquoi, lorsque j'ai du réaliser mon mémoire de Maitre-Praticien en PNL, j'ai choisi de modéliser l'expertise de tireurs d'élite, des opérationnels et des médecins et infirmiers des forces spéciales, en particulier leur capacité à optimiser leurs performances dans des situations critiques. Ce qui m'a permis, après un recoupement avec la littérature, de tirer plusieurs points.

D'une part, la performance mentale fait partie d'un ensemble plus vaste, la performance en tant que telle, qui dépend de plusieurs composants :

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D'un côté, vous avez les compétences d'apprentissage (en jaune) que sont les connaissances théoriques, les compétences techniques et la maitrise de l'environnement de travail, en particulier technologique. C'est en particulier vrai dans le domaine de la santé, qui évolue technologiquement très rapidement. Il ne sert à rien de savoir intuber si on ne sait pas allumer le ventilateur (préparez vous à ballonner un long moment sinon). Chaque nouvelle perception de matériel doit conduire à une découverte et une maitrise immédiate. Malheureusement, en période de crise, on a souvent tendance à reporter ces formations, se disant qu'on aura toujours le temps d'apprendre sur le tas. Ne négligez jamais l'aspect matériel de votre fonction. Lors de la première vague de la crise Covid, de nombreux personnels disposaient d'Optiflow dans leur service d'urgence, sans savoir exactement comment brancher les tubulures. Bien sûr, quand le patient agité arrive avec 70% de Sat et que le réanimateur ou l'urgentiste demande de le placer sous Optiflow le temps qu'il vienne intuber, un simple branchement peut devenir une contrainte de poids.

D'un autre côté, vous avez les compétences de développement personnel et d'équipe : la capacité à gérer son énergie et la faire croitre, la communication et l'esprit d'équipe (qui sont des compétences à développer et à entretenir), et les performances mentales en tant que telle (dans lesquelles nous inclurons les deux autres compétences de développement, étroitement liées).

Ce premier diagramme nous permet de prendre en compte une première notion : la performance est un ensemble de composants interconnectés et interdépendants. Négliger l'un et vous amoindrirez fortement l'ensemble. D'autre part, il est essentiel de noter que les performances mentales sont un élément parmi les autres : il ne remplace pas les compétences techniques ou les connaissances théoriques, il les potentialise. En sport de haut niveau, à chaque match ou compétition perdu, on a tendance à mettre les problèmes de "mental" en ligne de mire. C'est parfois vrai, mais il ne faut pas négliger le manque de compétences techniques ou théoriques simplement parce que le mental est à la mode. A l'inverse, ne vous attendez pas à être performant sans savoir gérer vos émotions, vous motiver, vous dynamiser psycho-énergétiquement...

La performance mentale en tant que telle est également un ensemble de composants, dont les principaux sont listés ci-dessous :

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Cette liste n'est pas exhaustive mais reprend des éléments que j'ai observé chez tous les opérationnels modélisés, et que l'on retrouve également dans la littérature. Ils ne sont ici pas classés par ordre d'importance. Il serait d'ailleurs difficile d'en établir un, puisque chaque élément soutient un tout, comme les quatre pieds soutiennent la chaise. Peu importe qu'un pied soit plus gros que les autres, même si vous enlevez le pied le plus frêle, vous tombez. Du coup, je vous les décris en utilisant le bon vieux sens des aiguilles d'une montre. Dans le schéma de formation POWER-S, je vous expliquerai pourquoi j'ai placé la motivation, la physiologie et l'intelligence émotionnelle à la base de la formation.

La concentration et la maitrise attentionnelle correspondent à notre faculté à orienter notre attention vers le bon élément, à la maintenir durant toute la durée de l'action, et à savoir quand nous quittons le bon mode de concentration pour pouvoir y revenir rapidement. Ne pas être dans le bon mode de concentration durant l'action est à gros risque de réaliser une sous-performance importante, puisque l'orientation énergétique et musculaire n'est plus alignée avec notre focus attentionnel.

La gestion des erreurs et surtout, l'acceptation, est essentielle pour ne pas se laisser embarquer dans une focalisation attentionnelle délétère. Si je suis concentré sur l'erreur commise (que l'erreur soit de ma faute ou de quelqu'un d'autre d'ailleurs), je ne suis plus focalisé sur l'action, avec le risque de créer une super-erreur encore plus délétère.

La relaxation et la dynamisation font partis d'un ensemble plus grand que j'appelle la physiologie. Cette dernière correspond à notre capacité à créer en nous-même des réserves énergétiques (merci l'activité physique) mais aussi à nous en servir, à savoir quand nous relaxer, nous économiser, et quand et comment nous dynamiser. La plupart du temps, lorsdes interviews, les personnels médicaux m'ont dit ne pas se reposer de peur d'être jugé par les autres comme tire-au-flanc. Encore une fois, le pouvoir destructeur du regard des autres sur la performance...

La gestion émotionnelle est à la base de la performance mentale. Avoir la capacité de comprendre et de prendre en compte ses émotions quand elles surviennent va vous permettre de ne pas réagir aux émotions (et donc aux événements externes) mais plutôt de répondre, de garder une capacité d'analyse cognitive et de prendre des décisions plus cohérentes avec vos objectifs et avec l'action en cours. Il est évident que si je laisse la colère m'envahir lors d'un échange un peu chaud dans mon service, je risque de diminuer mes performances lors de mes prises en charge, pour des patients qui n'auront d'ailleurs rien à voir avec l'origine de ma colère.

Ce qui nous conduit logiquement aux processus décisionnels, ces derniers étant fortement imprégnés des processus émotionnels en cours au moment de l'action. En effet, même si nous pensions avant qu'une décision devait au maximumêtre dénuée d'émotions, nous savons désormais que nos processus émotionnels sont activés avant nos fonctionnements cognitifs pré-frontaux, et donc qu'une décision sera forcément la conséquence des émotions et filtres en place à ce moment précis. Apprendre à gérer ses émotions, c'est aussi apprendre à s'offrir plus de choix, et donc prendre de meilleures décisions. Gardez en tête que prendre une décision, c'est définir un axe parmi le nombre de choix qui s'offrent à nous. Les pires décisions sont prises lorsque nous n'avons que très peu de choix, et ce nombre limité est souvent la conséquence de croyances limitantes internes et/ou de processus émotionnels contreproductifs.

La routine procédurale est un concept comportemental qui va associer un certain nombre de gestes et/ou pensées avec la mise en place de l'action, afin de se dynamiser et de se placer dans le bon mode de concentration. C'est la gestuelle particulière de Wilkinson avant de frapper une pénalité (pour ceux qui connaissent le Rugby). La routine procédurale va vous permettre de quitter des pensées négatives ou une émotion parasite avant de commencer un geste, en particulier qui nécessite dextérité et concentration. De nombreux infirmiers et infirmières réalisent une perfusion en effectuant exactement la même séquence. Changer leur routine de procédure est à fort risque de diminuer l'effectivité de leur geste !

Toutes nos actions sont fondées sur une certaine cohérence avec nos valeurs, notre identité, nos croyances (au sens non religieux du terme)... Lorsque nos actions sont alignées avec notre système de valeurs, sont en accord avec nos croyances profondes, notre efficacité, notre résilience, notre persévérance et notre motivation sont accrues. L'inverse est également plus que vrai. Il n'y a rien de pire que d'effectuer une action contraire à nos valeurs (qui n'est souvent justifiée que par une motivation purement externe, c'est à dire obtenir une récompense ou éviter une sanction). Afin d'améliorer ses performances, il est essentiel de comprendre ses valeurs et ce qui nous structure au plus profond de nous, et de choisir ce que nous souhaitons sincèrement mettre en place pour nous, notre futur et nos objectifs, et ce dans tous nos domaines de vie. Être en harmonie intérieure, c'est aussi et surtout être en accord avec nos raison d'être et nos valeurs profondes dans tous nos domaines de vie.

Enfin, la résilience, terme largement utilisé pendant la dernière crise sanitaire, et la force mentale, préfigurent les composantes principales de persévérance et de maintien de la motivation durant l'effort, en particulier quand cet effort dure dans le temps. Cette résilience se base principalement sur l'alignement de tous les autres facteurs, en particulier l'alignement des valeurs, la capacité de management émotionnel, la gestion énergétique ... Mais elle se travaille également, en s'efforçant régulièrement de se mettre au défi, en relevant des challenges d'intensité croissante... En fait, de se créer des mini-victoires de plus en plus fréquentes et importantes !

Bien entendu, et au même titre que les compétences techniques ou théoriques, ce n'est pas au moment de la crise que l'on s'intéresse à leur apprentissage ! Il est essentiel de mettre au point les outils en amont, pour qu'ils soient directement accessible le jour J, et ce de façon intuitive. En sachant que certains outils sont principalement destinés à être efficaces durant l'action, d'autres juste avant, ou juste après ... comme le montre la figure suivante :

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Une demande qui revient fréquemment lors des formations, dès lors, concerne l'organisation et l'investissement à porter à la préparation mentale : quand est-ce que je dois commencer à préparer mes outils ? A quelle fréquence ? Combien de temps par semaine ou par jour ?

En fait, il n'y a pas de bonnes réponses, puisque vous êtes le/la seul(e) à savoir à quel point vous voulez pousser votre développement personnel. Je me permets néanmoins de vous apporter quelques points en fonction de ce que je crois :

Quand débuter ? Le plus tôt possible, dès que je finis de lire ce chapitre ! Blague à part, si un interne aux urgences me demande : quand est-ce que je dois apprendre à intuber ?, je lui répondrai : "Bien, aujourd'hui si tu ne sais pas déjà !". A vrai dire, je pense sincèrement que l'intelligence émotionnelle, avec la compréhension et la maitrise de ses émotions, la gestion physiologique et énergétique, la compréhension de ses valeurs internes ... devraient être enseignés dès le plus jeune âge, afin de créer des puissances de motivations intrinsèques quant aux choix effectués dans nos vies. Le cas contraire, nous avons tendance à réagir aux éléments extérieurs, aux aléas de la vie, sans choisir véritablement nos modes de fonctionnement interne qui prennent parfois, voire souvent le lead sur nos raisonnements logiques, nous conduisant à faire des choix que nous sommes, secondairement, très peu enclin à assumer.

Pour quel type d'action ? Toutes en fait, de la plus simple à la plus compliquée. En sachant que plus je maitrise mes outils de performance mentale sur des actions simples, plus je serai à même de les activer pour des situations de crise. Essayer de réaliser une intubation difficile sur un asthme aigu grave si vous n'avez jamais intubé un mannequin au préalable... Par ailleurs, je ne pense pas, surtout dans le domaine de la santé, qu'il existe de "petites" actions. Une prise de sang simple est une action qui requiert toute notre attention, car elle implique un autre être humain généralement en souffrance, recherchant du réconfort dans notre empathie et notre professionnalisme.

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A quelle fréquence et combien de temps ? Je pense qu'il vaut mieux travailler un peu tous les jours que une grosse fois par mois. Ne serait-ce que cinq à dix minutes par jour sont suffisant pour travailler un ou deux outils quotidiennement, en sachant qu'au bout de quelques mois, ces outils deviendront des compétences inconscientes.

Pour cela, le plus simple est de le planifier dans son agenda, au même titre que les autres priorités et activités journalières. Si vous n'avez pas d'agenda (que ce soit papier ou sur votre téléphone), achetez ou téléchargez en un. Sincèrement. Ce sera votre première activité de développement personnel. La première prise de contrôle sur sa vie intérieure est de prendre le contrôle sur son temps. Si vous ne planifiez pas votre vie, les événements extérieurs s'en chargeront, et ca ne sera que rarement, voire jamais, à votre profit. Il est préférable de tenir un agenda que vous devez modifier dix fois dans la journée, que de ne pas en tenir du tout. Ce qui n'est pas planifié stresse intensément, aussi ôtez dès aujourd'hui un facteur de stress évitable simplement, en vous offrant un agenda ! Et en parlant de stress, je vous propose de passer au prochain chapitre, le concept de stress.